Un Droit

2010
02.08

Alors que le tout puissant et multinational groupe Nestlé est le 1er fournisseur mondial d’eau potable, le débat fait rage quant à la classification de l’eau.

Est-ce une simple marchandise ou bien un droit fondamental ?

Le captage de l’eau, son acheminement, son traitement, la maintenance des ouvrages… ont un coût ; coût d’investissement au départ puis coût de la maintenance, des éventuelles réparations. Néanmoins, le grand danger est la spéculation dont l’eau pourrait être l’objet aboutissant à une situation où l’usager ne consommerait que la quantité d’eau qu’il peut se payer et non celle dont il a besoin pour vivre.

Nous pouvons trouver sur Wikipedia que « le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale estiment que la fourniture d’eau aux populations, dans le monde, devrait être réalisée par des entreprises privées en situation de concurrence. Car, si en France, la distribution d’eau est essentiellement déléguée à des opérateurs privés, elle est, dans le monde, assurée à 95 % par des opérateurs publics (États ou municipalités). Or, ces opérateurs publics, selon le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, ne vont pouvoir réaliser seuls les énormes investissements indispensables dans les décennies qui viennent. Inversement, Ricardo Petrella montre que les privés privilégient les investissements rentables, au risque de renforcer les inégalités ».

Il est évident que l’eau se raréfie et qu’une politique commune mondiale de gestion de l’eau est impensable. L’eau doit rester un droit fondamental pour tout être humain.

A titre d’exemple dans les campagnes du Zimbabwe, les villages dépendent à près de 100% de l’eau souterraine (puits ou forages équipés de pompes à main). Avant les années 90, l’Etat était en charge des opérations et maintenances à conduire sur ces pompes et les consommateurs ne payaient pas l’eau. Aujourd’hui, face à la vertigineuse crise économique dont souffre le pays et la déstructuration étatique qui s’en suit, le service public ne fonctionne plus et une à une les pompes tombent en panne. Le Zimbabwe prit alors le virage de la « gestion communautaire de la ressource » où dans chaque village des Comités d’Eau préalablement formés (en l’occurrence par les ONG telles que  ACF) ont la charge de la maintenance des points d’eau et de la collecte d’argent auprès des consommateurs ; argent utilisé pour l’achat de pièces détachées ou d’outils. Une gestion par un organisme privé de la ressource dans ce cas de figure n’est pas envisageable, de par le niveau de vulnérabilité des populations qui ne peuvent payer trop cher l’eau. Dans la logique marchande des entreprises privées, ce parc de points d’eau n’est pas rentable. Le problème est la motivation du Comité d’eau et les moyens des usagers.

A contrario, dans certains groupements de villages du Cambodge et du Laos, la Banque Mondiale tente l’expérience de l’implication du secteur privé dans la gestion de l’eau. Là aussi l’Etat n’a que peu de moyens dans ce secteur et les ONG ont pris le relai. Ainsi le GRET financé par la Banque Mondiale confie la gestion d’un système d’eau qu’ils ont construit en milieu semi-urbain (groupement de petits villages avec un certain dynamisme économique) à une petite entreprise privée locale. Elle se chargera de la collecte des fonds auprès des usagers, des opérations et maintenances à conduire sur le système, de régler les litiges… Le danger reste la tarification de l’eau et la gourmandise de l’opérateur privé.

Il n’existe pas qu’un seul modèle de gestion de la ressource en eau.

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