Cas du Caucase

2010
02.08

D’après « Le partage des eaux dans le Caucase oriental et les républiques d’Asie centrale, une manifestation des tensions postsoviétiques » Julien Thorez et Pierre Thorez, 2004

Tout comme les nouvelles républiques de l’Asie Centrale, les Etats du Caucase (notamment Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan) doivent composer avec des infrastructures hydrauliques héritées de l’URSS inadaptées à la nouvelle carte politique car transgressant les frontières.

« En 1991, lorsque l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan sont devenus indépendants, les réseaux d’irrigation ont été partagés entre plusieurs États souverains dont les ressources et les besoins en eau se sont révélés très inégaux, en fonction de leur localisation au sein des principaux bassins-versants et de leur agriculture. Ainsi, les principales républiques agricoles – l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Turkménistan et l’Azerbaïdjan – sont désormais tributaires d’apports extérieurs. »

Ainsi l’eau consommée dans l’agglomération de Bakou (Azerbaïdjan) provient soit de la vallée de la Samour située au Daghestan, i.e. de Russie, grâce au canal Samour-Apchéron, soit de la Koura issue de Turquie et de Géorgie.

« Pour favoriser l’agriculture, notamment cotonnière, dans le bassin de la Koura, soutenir le développement de l’industrie pétrolière et la croissance de la population de la conurbation Bakou-Soumgaït dans la presqu’île d’Apchéron, les Soviétiques ont transformé les infrastructures hydrauliques. Dès 1950, en raison de cette croissance de la consommation, le Caucase oriental ne couvrait plus que la moitié des besoins de la république dont les ressources hydriques ne constituent que 14 % de celles de Transcaucasie. »

Dans le cas du Caucase, ces écoulements hydrauliques transfrontaliers ne posent pas de problèmes quantitatifs. Comme le rappellent Julien et Pierre Thorez « l’eau de la Samour n’est pas déterminante pour la Russie et la Géorgie ne souffre pas de pénurie d’eau. » Or l’Azerbaïdjan souffre de problèmes de qualité d’eau puisque « la Koura, qui prend sa source en Turquie et traverse la Géorgie en arrosant notamment Tbilissi écoule une eau polluée en raison d’un traitement partiel des eaux usées et des rejets des eaux de drainage, en dépit de la fermeture de nombreuses usines et de la baisse de la consommation d’engrais en Géorgie depuis 1991. »

Ainsi dans cette région particulière « le partage des eaux ne constitue pas une cause de tensions interétatiques mais souligne l’intégration nécessaire de l’Azerbaïdjan dans son environnement immédiat. »

Les commentaires sont fermés