Précis
02.08
En préparation du sommet de Copenhague, le Comité Intergouvernemental du Changement Climatique (CICC) faisait un point sur la santé de la planète, réactualisant ses dernières prédictions. Un rapport publié en Septembre 2009 et relayé par celui du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) « Précis scientifique sur le changement climatique 2009 »[1], devait servir de base de travail. Le Précis scientifique du PNUE reprend près de 400 contributions scientifiques majeures des 3 dernières années. En voici les principales conclusions et recommandations.
Terre
- Plus de la moitié des 10 prochaines années seront plus chaudes que la plus chaude des années enregistrée jusqu’alors ;
- Les émissions globales de dioxyde de carbone (provenant majoritairement des industries) ont augmenté de 1,1% chaque année entre 1990 et 1999 puis de 3,5% entre 2000 et 2007 ;
- L’accroissement de l’économie mondiale dans les années 2000 et l’augmentation de son « intensité carbone » combinés à la diminution de la capacité des écosystèmes sur terre et océans à jouer leur rôle d’assimilateurs de carbone, ont conduit à une rapide augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Ce qui a contribué plus tôt que prévu à certains impacts tels que l’augmentation du niveau de la mer, l’acidification des océans, la fonte des glaces en arctique, le réchauffement des masses polaires, le rafraichissement des courants océaniques, …
Glace
- Le réchauffement des glaciers s’accélère, menaçant les conditions de vie de plus d’un cinquième de la population dépendant des glaciers et des neiges saisonnières pour leur approvisionnement en eau potable. La plupart des glaciers disparaitront des Pyrénées en 2050 et des montagnes africaines en 2030 ;
- En été 2007, la mer de glace de l’océan Arctique s’est rétrécie comme jamais, 24% de moins qu’au dernier record de 2005 et 34% de moins que sa taille moyenne sur la période 1970-2000 ;
- Un océan arctique sans glaces est prévu pour 2030, alors que les précédentes modélisations (jusqu’à l’été 2007) le prévoyait pour la fin du siècle ;
- Le réchauffement de la pellicule de glace au Groenland s’accélère ;
- La fonte de la glace en Antarctique Ouest a augmenté de 60% entre 1996 et 2006…
Océans
- Les estimations récentes des impacts combinés de la fonte des terres glacées et du réchauffement des océans suggèrent que d’ici 2100 le niveau des mers augmentera de 0,8 à 2m par rapport à celui de 1990 ;
- Les océans deviennent plus acides plus rapidement que prévu (mettant en danger la capacité des coquillages et coraux de former leur squelette externe)…
Ecosystèmes
- Les mers tropicales et semi-fermées vont souffrir de grandes extinctions d’espèces d’ici 2050, tandis que les océans arctiques et sous-tropicaux subiront de graves invasions d’espèces ;
- Entre 12 et 39% des surfaces terrestres devraient subir dès 2100 des conditions climatiques jamais connues jusqu’alors. Entre 10 et 48% des surfaces terrestres souffriront de la disparition des climats existants. Beaucoup de ces « climats disparaissant » coïncident avec des hauts lieux de biodiversité et avec le problème des habitats fragmentés et des obstacles physiques aux migrations. Beaucoup d’espèces animales et végétales auront de grandes difficultés à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques ;
- Le sud est australien et le sud ouest de l’Amérique du nord connaissent déjà de perpétuelles conditions de sécheresse. Les projections suggèrent que les pénuries persistantes d’eau vont augmenter dans les années à venir, en Afrique du nord et australe, en Méditerranée, dans tout le Moyen Orient, en Asie centrale et sur le sous-continent Indien…
Gestion
- La réalité de ce rapide changement climatique rend les approches conventionnelles de conservation et restauration des habitats inefficaces. Des mesures drastiques telles que la translocation ou colonisation assistée des espèces devraient être considérées ;
- L’agro écologie devrait remplacer l’actuelle agriculture : gérer les paysages comme un tout indissociable plutôt que de persister dans la ségrégation de l’utilisation de la terre entre la conservation et la production ;
- Les experts s’accordent de plus en plus sur une protection active des forêts tropicales comme un moyen économiquement rationnel de réduire les émissions globales…
[1] Pour accéder au rapport complet, http://www.unep.org/compendium2009/