Climat

2010
02.08

Copenhague 2009

Alors que les démonstrations spectaculaires des dérèglements climatiques se multiplient, en Décembre 2009 se tenait à Copenhague, Danemark XVème Réunion des Nations Unies sur le climat.

« Suite aux négociations menées par 26 pays industrialisés et émergents, essentiellement les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud (et excluant entre autres l’Union européenne), la conférence s’est terminée sur une déclaration d’intention qualifiée d’accord. Ce document de 3 pages ne comprend pas d’objectifs contraignants pour les parties, mais indique que la hausse des températures doit être limitée à 2 degrés Celsius d’ici à 2050.

Du point de vue financement, l’Union européenne, les États-Unis et le Japon ont promis chacun 7 milliards d’euros d’aide par an aux pays les plus pauvres d’ici 2012. D’ici 2020, l’accord vise 70 milliards d’euros par an d’aide aux pays en développement. L’accord vise un financement s’élevant à 70 milliards d’euros par an d’aide aux pays en développement pour 2020.

Durant la séance plénière du samedi 19 au matin, la Conférence des Nations Unies sur le climat a « pris acte », sans l’entériner, à cause de l’absence d’unanimité. »[1]

Les principaux points de la déclaration d’intention :

-          Limitation du réchauffement planétaire à 2°C d’ici à 2050 ;

-          Pas d’objectifs chiffrés de réduction d’émissions à gaz à effet de serre ;

-          100 milliards de Dollars consacrés à l’aide aux pays en développement à compter de 2020 ;

-          Pas de création d’une Organisation mondiale de l’environnement (pour notamment vérifier la mise en œuvre des engagements de chacun) ;

-          Proposition de création d’une Organisation Européenne de l’Environnement.

Ce texte est une simple déclaration politique, non signée et non contraignante. Il résulte d’un accord entre une partie des pays (parmi lesquels les pays européens, les Etats-Unis, la Chine) et n’a pas été adopté en séance plénière. Il est contesté par plusieurs pays en développement et par des Etats insulaires.

Quelques jours après l’annonce des résultats de la conférence, Claude Marie Vadrot, dans un climat de profonde déception, analyse à chaud :

« La démocratie planétaire et onusienne, comme d’autres formes de démocratie, ne fonctionne plus, même comme placebo. Alors que longtemps elle avait fait illusion. Retour sur Stockholm où l’on décida en une dizaine de jours de créer le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, le PNUE, auquel il aurait suffit de donner plus de pouvoirs et le droite de distribuer les moyens financiers d’agir. Le seul organisme ayant la mémoire des questions et des urgences environnementales depuis prés de 40 ans a été le grand absent des discours et de la vague déclaration finale bricolée par une trentaine de pays qui n’ont même pas osé se présenter devant les autres et se sont enfuis comme des voleurs d’avenir. On comprend à la fin, si l’on n’avait pas deviné avant, pourquoi les militants de l’écologie présents à Copenhague ont été brutalement écartés trois jours avant la fin de la conférence. Il est difficile de convoquer des témoins quand on s’apprête à commettre un crime contre l’humanité. »[2]

Mais le réchauffement climatique et ses émissions de gaz carboniques ne sont que quelques arbres qui cachent la forêt. Tel que le souligne Claude Imbert une semaine avant le début des négociations de Copenhague, la crise récente financière, la crise alimentaire, la surpopulation… sont autant de sujets à considérer pour tenter de « sauver la planète ».

« Vous connaissez l’histoire de ce noctambule qui, ayant perdu ses clés, ne les cherchait que sous un réverbère… Parabole pour le sommet de Copenhague ? Peut-être ! Car, enfin, s’il s’agit, selon le superlatif ambiant, de « sauver la planète », on doutera que les clés du sauvetage soient à chercher sous le seul réverbère du réchauffement climatique et dans la seule réduction du gaz carbonique, d’où viendrait tout le mal. Les avanies multiples de la planète explosent sous nos yeux : crise prioritaire de l’eau, crise alimentaire, crise financière, la plupart liées à une surpopulation inégalement oppressante et à la globalisation de la planète. Est-ce à dire que, sous le réverbère de Copenhague, la mobilisation mondiale est vaine ? Non. Mais elle mérite d’être observée loin des peurs paniques et hors l’outrance des illusions. Elles auront déferlé sur nous comme jamais. Un festival d’apocalypses… »[3]

Déplacés et réfugiés climatiques

Une autre conséquence de ces bouleversements climatiques est le nombre croissant de « réfugiés climatiques ». Selon un rapport des Nations Unies rendu public en Septembre 2009[4], les inondations, tempêtes, ouragans, sécheresses et autres désastres naturels – de plus en plus fréquents – ont poussé 20 millions de personnes à fuir leurs maisons l’année dernière; soit 4 fois plus que le nombre de personnes déplacées à cause des conflits.  Bien que ce rapport ne donne aucune indication sur la durée de déplacement de ces populations et leurs besoins réels, ces chiffres soulignent l’importance de cette problématique et les bouleversements récents que causent ces catastrophes naturelles ; dont l’importante multiplication est liée à l’activité humaine et aux changements climatiques.

L’année dernière, en 2008, plus de 5 millions de personnes ont été déplacées à cause des inondations en Inde, attribuées en partie aux bouleversements du cycle des moussons. Aux Philippines, près de 2 millions de personnes ont été forcées de fuir leur maison à cause de sévères tempêtes. La Chine et le Myanmar ont aussi vu des déplacements massifs à cause de tempêtes. L’Asie à elle seule enregistre 90% des déplacements liés aux désastres naturels, l’Asie étant la région la plus exposée aux catastrophes naturelles.

« Les types qui déboisent la forêt amazonienne acceptent enfin de faire un geste pour l’environnement. Désormais ils mettront de l’essence sans plomb dans leurs tronçonneuses » Philippe Geluck

« Pour qu’un écologiste soit élu président, il faudrait que les arbres votent » Coluche


[1] Publié sur Wikipedia le 26 Décembre 2009.

[2] Chronique publiée le 20 Décembre 2009 sur Médiapart (www.mediapart.fr)

[3] Editorial de Claude Imbert, Le Point, 17 Décembre 2009.

[4] Le rapport a été compilé conjointement par le bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires et le Centre de surveillance des déplacements internes, un organe normalement en charge du suivi des déplacements de populations causés par les conflits.

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