3.1 La steppe
03.05
3.1 Jeu
La biodiversité dans la steppe
Niveau : à partir de CM1 et CM2
La vie d’une steppe mongole est schématisée sur plusieurs années avec un jeu de cartes, suivant différents scénarios. Ce jeu est une variante de la pyramide alimentaire des rivières (activité 4.1).
Matériel
► Des cartes sont préparées pour représenter quatre espèces majeures de la steppe mongole : les loups (prédateurs), les moutons (espèce domestique), les antilopes (gros herbivores), les marmottes (petits herbivores) et l’herbe (base de la pyramide alimentaire).
► Deux tapis ou deux tables représentent les deux pâturages.
Règles du jeu
Le jeu débute avec sur le tapis 85 brins d’herbe pour le pâturage d’été et 71 pour le pâturage d’hiver, ainsi qu’avec 9 marmottes, 9 antilopes, 16 moutons et 1 loup.
Chaque tour de jeu représente une année dans la steppe. Il se déroule en trois phases correspondantes aux trois saisons principales de ce climat continental (fortes amplitudes thermiques pouvant atteindre 80°C en Mongolie !):
Phase 1, c’est l’été.
- Chaque herbivore mange 2 brins d’herbe
- Le loup mange 2 marmottes et 2 antilopes
- L’homme tue 2 moutons, 1 marmotte et 1 antilope dont il nourrit sa famille
- Puis tous migrent vers le pâturage d’hiver
Phase 2, c’est l’hiver.
- Les marmottes hibernent
- Les antilopes et les moutons mangent chacun 2 brins d’herbe
- Les antilopes se cachent, et le loup se rabat sur 1 mouton pour se nourrir
- L’homme tue 4 moutons en prévision des rudesses de l’hiver
Phase 3, c’est le printemps.
- C’est la saison de reproduction de toutes les espèces : les brins d’herbe sont multipliés par 5 et les animaux par 2.
- L’homme tue 1 loup pour protéger son troupeau
- Chaque herbivore mange 2 brins d’herbe
- Le loup mange 2 marmottes et 2 antilopes
- L’homme tue 2 moutons, 1 marmotte et 1 antilope dont il nourrit sa famille
- Puis tous migrent vers le pâturage d’été
Que voit-on ?
En respectant ces chiffres, tour après tour on retrouve la même composition de la steppe : la situation est équilibrée et l’éleveur conserve chaque année la même production de moutons.
On peut ensuite faire varier le scénario :
Perturbation 1 : l’éleveur décide de tuer les antilopes pour préserver les pâturages de ses moutons. Mais les loups
devront se nourrir d’une quantité à peu près équivalente de gros herbivores et se rabattront sur les moutons pour compenser la disparition des antilopes. Le bétail sera plus fréquemment attaqué, les pertes plus conséquentes pour les éleveurs.
Perturbation 2 : les hommes achètent un nouveau poison pour détruire les marmottes dont les terriers peuvent causer des blessures à leurs chevaux. Les loups se rabattront une fois de plus sur les moutons, surtout en …, quand les antilopes sont plus difficiles à attraper.
Perturbation 3 : les éleveurs décident d’abattre des loups pour protéger leurs troupeaux. Avec la diminution de leur prédateur principal, les antilopes pourront alors proliférer et seront en compétition alimentaire avec les moutons (sur les pâturages).
Discussion
► Tout écosystème, et qui plus est la steppe, est équilibré. Chaque espèce a sa raison d’être dans cet équilibre.
► La destruction d’une espèce aura des conséquences sur tout l’écosystème, sur toutes les autres espèces.

Remarques :
Ce jeu peut être simplifié lorsque proposé aux plus jeunes. Il s’agit alors de mettre en évidence la pyramide alimentaire et l’importance de chaque espèce sans les règles des chiffres mais ave les scénarios de perturbation.
Ce jeu a été largement inspiré du livre de Jiang Rong intitulé « Le Totem du Loup », qui se déroule en Mongolie intérieure (en Chine) pendant la Révolution culturelle (fin des années 60). Le fonctionnement écologique de la steppe et la place et l’impact de l’homme sur celle-ci y sont très clairement expliqués.