En lutte contre l’« illettrisme écologique » au Kirghizstan

2011
10.17

Bichkek et le lac Issyk-Koul, Octobre 2011

« Êtes-vous allés à Issyk-Koul? Avez-vous visité nos montagnes? » Ce sont là les deux questions rituelles que vous posent les kirghizes lorsqu’ils vous rencontrent pour la première fois. Et on les comprend aisément. Le lac Issyk-Koul est le deuxième plus grand lac de montagne au monde et le Kirghizstan abrite dans le Tian Shan, l’Altaï et Pamir plus de 45% des glaciers de la région. On en dénombre autour de trois milles, dont la surface glaciale couvre 4% du territoire. Près de deux mille lacs et trois mille cinq cent rivières arrosent le pays, véritable réservoir de l’Asie Centrale[1], puisque les Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan et Turkménistan voisins profitent de ces eaux de surface, de même que la province chinoise du Xinjiang. Mais la situation actuelle ne ressemble en rien à cet Eden. Les défis environnementaux du Kirghizstan au XXIème siècle sont connectés à des problématiques sociales et politiques nationales très sensibles mais aussi transfrontalières. Cependant, des organismes et associations kirghizes font face à ces problèmes en les attaquant par le biais de l’ « éducation pour un développement durable ».

De l’environnement en Asie Centrale et au Kirghizstan

Bichkek, cette petite capitale d’un million d’habitants[2], est réputée pour son climat adouci par les innombrables arbres, chênes, saules et peupliers, et était considérée comme la ville la plus verte de l’URSS. Le centre ville n’est que parcs et fontaines. En déambulant, on remarque tout autant ses canaux qui irriguent les immenses jardins, que ses vannes largement ouvertes qui projettent de grands et inutiles jets d’eau. Tous robinets ouverts, les citadins déconnectés de leurs campagnes, se targuent de vivre dans un pays où les ressources en eau sont illimitées. Or, pendant l’ère soviétique, l’eau était allouée aux états en donnant la priorité aux zones de culture du coton de l’Asie Centrale. Partage encore en vigueur aujourd’hui, le Kirghizstan n’a droit qu’à 25% des eaux nées sur son territoire[3], tandis que les Turkménistan et Ouzbékistan ont une allocation illimitée. Jyldyz Duishenova, Principale spécialiste de l’Agence Gouvernementale pour la Protection de l’Environnement et de la Forêt[4], rappelle à Histoires Recyclables [HR] que l’eau est une ressource stratégique pour la région. Bien que des accords existent entre les états d’Asie Centrale sur l’utilisation des eaux et des énergies, il y a de nombreux sujets de litige ; notamment les barrages kirghizes le long de la rivière Naryn[5], principal affluent de la rivière Syr-Daria, qui arrose avec l’Amou-Daria (l’Oxus) les champs de coton en aval et qui alimentait la feu mer d’Aral.

Au Kirghizstan, les ressources en eau sont mal utilisées et les eaux souterraines comme de surface sont contaminées par les activités agricoles, industrielles et minières, et par un mauvais traitement des eaux usées domestiques[6]. L’effondrement de l’Union Soviétique a été suivi par un profond bouleversement des pratiques agricoles et par la dégradation des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’irrigation. Les stations de pompage tournent depuis plus de 20 ans sans réelle maintenance et on estime que 60% des systèmes d’irrigation ont besoin de sérieuses réparations. Le sol est largement dégradé (60% des terres érodées) et d’ici 2025, le pays pourrait perdre son indépendance alimentaire. De plus, en cinquante ans (entre 1957 et 2000), les glaciers du Pamir et de l’Altaï ont perdu 25% de leurs réserves de glace. Quant au beau Issyk-Koul, érigé au rang de Biosphère par l’UNESCO, il reçoit toutes les eaux de ruissellement et usées des villes des alentours, son écosystème est menacé par des espèces invasives introduites par l’homme et des mines y déversent leurs métaux lourds.

L’importance de l’éducation dans la protection de l’environnement

Jyldyz Duishenova sait parfaitement que la protection de l’environnement ne fait pas partie des priorités du gouvernement du Kirghizstan, à cause de « l’illettrisme écologique des dirigeants » (sic) ; alors qu’il existe des liens évidents entre le contrôle des pratiques agricoles et la gestion des ressources naturelles. Néanmoins, elle considère que les changements sont plus faciles à provoquer dans un petit pays. « Il y a des gens compétents au Kirghizstan » précise-t-elle à HR, lassée des experts et organisations internationales qui ne lui ont rien appris sur l’état du Kirghizstan et de ses potentialités. Ainsi Jyldyz mise sur l’amélioration de l’éducation des jeunes pour faire évoluer la situation. Une éducation pour un développement durable du pays. Afin que les écoliers et étudiants soient sensibilisés aux problématiques environnementales et pour que le Kirghizstan soit doté d’ingénieurs, de docteurs, de scientifiques. Tandis qu’elle se bat dans les hautes sphères du pays, son agence se faisant balloter d’un ministère à un autre, sur le terrain, les organisations locales ont repris son crédo.

Tel est le cas d’AKMENA, dont HR a suivi les activités de près. Tatiana Konovalova Fedorovna et ses collègues ciblent plus d’une trentaine d’écoles à travers le Kirghizstan, de Bichkek à Issyk-Koul, jusqu’à Jalal-Abad et Och.

AKMENA et les classes d’eau

L’objectif d’AKMENA est d’engager activement les écoles dans la protection de leur environnement tout en améliorant l’enseignement des disciplines scientifiques en classes primaires et collèges. Et pour y parvenir rien ne vaut la pratique et ces écoles développent alors leur propre projet. La dernière thématique suggérée par AKMENA était l’utilisation efficace et raisonnée de l’eau. Ainsi l’école 24 de Bichkek a cherché à reconstituer un écosystème à petite échelle dans sa cour de récréation en y creusant un bassin et en y plantant plusieurs espèces végétales. Une quinzaine d’enfants du collège ont participé au projet, appuyés par les dynamiques et inventifs professeurs de biologie, chimie et géographie. « Nous sommes fascinés par les microorganismes qui purifient l’eau » répètent à HR les jeunes étudiants fiers de leur projet, et de rajouter « Le Kirghizstan a de gros problèmes de qualité d’eau, il faut prendre soin de l’environnement ». Dans cette même école, la professeur de géographie a réussi à amener quelques-uns de ses élèves dans les campagnes du pays – où les problèmes d’accès à l’eau sont beaucoup plus graves – parce que « la plupart ne comprennent pas comment les enfants des villages vivent ». C’est ce dynamisme et ce sens des initiatives qu’AKMENA veut encourager. Dans l’école 67 du centre ville, élue en 2010 meilleure école du pays, les jeunes et leurs enseignants ont décidé de mettre en place dans leurs jardins un système d’irrigation goutte à goutte. Un container d’une centaine de litres est connecté à un tuyau d’arrosage qui passe dans des bouteilles en plastique fichées dans le sol, la tête en haut. Le tuyau percé fuit dans la bouteille perforée à sa base, laissant alors l’eau humidifier lentement le sous-sol. Là aussi, une quinzaine de collégiens parmi les plus motivés et concernés ont conçu le système[7]. Les professeurs des disciplines scientifiques se servent alors du projet pour illustrer leurs cours, discutant alors des ressources en eau en géographie, de leur qualité en chimie ou de l’irrigation des plantes en biologie.

Les vingt meilleurs projets – dont ces deux ci – se sont vus offrir un micro-laboratoire d’analyse[8], d’une part pour mieux enseigner les sciences, et d’autre part pour suivre la qualité des eaux des rivières, de l’école et de la maison. Les résultats seront mis en ligne sur un site internet dédié au partage d’information et de techniques pédagogiques entre écoles et avec le grand public. Les kirghizes seront alors sensibilisés à travers les travaux des jeunes. Tatiana Konovalova Fedorovna, ingénieur en énergies de formation, sait faire fonctionner son réseau de professionnels pour entourer AKMENA d’experts. De la sorte, des scientifiques de l’Académie Nationale des Sciences de Bichkek vont former les enseignants à l’utilisation du micro-laboratoire et aux analyses des eaux.

AKMENA au bord de l’Issyk-Koul

Un éminent écologiste de cette même Académie a apporté son savoir sur un autre projet d’AKMENA, environnemental et éducatif. Sur les berges de l’Issyk-Koul, une espèce de grenouille, Rana Asiatica, disparait lentement parce que chassée pour ses vertus médicinales et parce que son habitat est menacé par l’industrie touristique de masse et la pollution des eaux.

À écouter: les élèves et le quizz sur les cris des animaux:

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Là, AKMENA et l’Agence Gouvernementale pour la Protection de l’Environnement et de la Forêt sont partenaires de M. Bolot Kenjebaev, qui a loué pour vingt cinq ans dans le village de Cuturgu, douze hectares de zones humides pour y planter des arbres et réintroduire la petite Rana Asiatica. La disparition de ce batracien entrainerait un déséquilibre de l’écosystème du lac avec, par exemple, la prolifération de moustiques et conséquemment la recrudescence de l’épidémie de malaria. Sa sauvegarde empêcherait ces problèmes environnementaux et de santé publique, et assurerait la survie de nombreuses espèces d’oiseaux sédentaires ou migrateurs. Sur cette zone protégée, toutes activités de pêche et de pâturage seront bannies au profit de l’écotourisme et de la sensibilisation à l’environnement. Maksa, jeune diplômé de l’université de Karakol, et de ce fait, premier écologiste de Cuturgu, sera le responsable de ce parc. AKMENA a encore trouvé là l’occasion d’éduquer les enfants. Lors d’une journée inauguratrice, cinq écoles des villages voisins ont participé à la plantation de jeunes arbres sur le site, qui seront des lieux de niche pour les oiseaux, et se sont livrés à une joyeuse compétition théâtrale, mêlant dans leurs piécettes humour et éducation. Car c’est là aussi le crédo de Tatiana. Apprendre en s’amusant. Ces écoles, elles, bénéficieront de matériel pédagogique pour enseigner l’écologie et ses écosystèmes.

L’avenir

La société civile du Kirghizstan est très dynamique et les dernières révolutions n’y sont pas pour rien, démontrant que le peuple pouvait influer sur l’avenir du pays. Tatiana Konovalova Fedorovna est d’un naturel enthousiaste, professionnelle dans ses actions et généreuse dans sa communication. Mère et grand-mère, elle a transmis à ses enfants et petits enfants sa conscience environnementale. Quand HR lui demande quels sont les futurs projets d’AKMENA, son visage s’illumine d’un large sourire communicatif. « L’économie verte, où l’environnement, l’économie et le social sont liés et interagissent. L’Eco-Campus en serait une illustration ». L’Eco-Campus est une initiative qui a été mise en œuvre au Royaume-Uni et qui consiste à utiliser les technologies vertes et les énergies renouvelables, développées par les étudiants eux-mêmes, pour l’électricité, le chauffage, l’eau et la gestion des déchets. Déjà AKMENA a produit une affiche pédagogique illustrant l’idée de l’Eco-Campus et sa place dans la ville.

Voici donc encore une association à suivre, mais qui n’est pas seule à agir au Kirghizstan. D’autres sont à ses cotés sur des problématiques complémentaires. Elles feront l’objet d’autres reportages de HR.

Bibliographie :

« National report on the regional water partnership – Kirghizstan Republic » Département des Ressources en Eau, 2005

« Environment, water and security in Central Asia » CAREC, 2005

Agence gouvernementale de Météorologie avec UNEP/GRID – Arendal, 2000



Fighting against ecological illiteracy in Kyrgyzstan

Bishkek and Issyk-Kul lake, October 2011

« Have you been to Issyk-Kul? Did you visit our mountains? » These are the two ritual questions that the Kyrgyz ask you when you meet them for the first time. And that’s understandable. The Issyk-Kul Lake is the second world largest mountain lake, and Kyrgyzstan hosts, inside the Tien Shan, Altay and Pamir mountains, more than 45% of the glaciers of the region. One counts three thousand of it, covering 4% of the territory. Around two thousand lakes and three thousand five hundred rivers water the country, real reservoir for the Central Asia[9], since the neighbouring Uzbekistan, Kazakhstan, Tajikistan and Turkmenistan take advantage of these surface waters, as well as the Xinjiang Chinese province. But the present situation doesn’t look like this Eden. The Kyrgyzstan environmental challenges of the twenty first century are connected to social and political national and cross-border sensitise problematics. However, Kyrgyz organisations and associations face these issues through an « education for sustainable development ».

The environmental situation of Central Asia and Kyrgyzstan

Bishkek, this small capital city of one million people[10], is well known for its atmosphere mellowed by countless oaks, willows and poplars, and was considered as the greenest city in the USSR. The city centre is filled with parks and fountains. By ambling along, one notices the canals that irrigate the large gardens, as well as the widely open floodgates that project big and useless water jets. All taps open, city-dwellers disconnected from the outback, claim to live in a country with unlimited water resources. But, since Soviet times, water was allocated to states, priority given to cotton-growing areas in Central Asian republics. Kyrgyzstan uses only 25% of the waters formed within its territory[11], while Turkmenistan and Uzbekistan have unlimited allocation. Jyldyz Duishenova, Chief specialist of the State Agency on Environment Protection and Forestry[12], reminds to Recyclable Stories [RS] that water is a strategic resource for the region. Although agreements exist among the Central Asian states on the uses of water and energy, there are lots of bones of contention; notably the Kyrgyz dams along the Naryn river[13], main affluent of the Syr-Darya river, that flows with the Amu-Darya (Oxus) through the cotton fields downstream and that used to feed the late Aral sea.

In Kyrgyzstan, water resources are not efficiently used, ground and surface waters are contaminated by agricultural, industrial and mining activities, and by improper treatment of domestic waste waters[14]. The collapse of the Soviet Union has been followed by upheavals of agricultural practices and degradation of water supply and irrigation facilities. Pumping stations are working without proper maintenance since more than twenty years and 60% of irrigation schemes need deep repairs. Soil is largely degraded (60% of land is eroded) and by 2025, the country might lose its food independence. Moreover, within fifty years (from 1957 to 2000), glaciers of Pamir and Altay have lost 25% of ice reserves. Looking at the noble Issyk-Kul, raised to the status of Biosphere by UNESCO, it drains running and waste waters from the surrounding cities, its ecosystem is threatened by invasive species introduced by man and nearby mines dump heavy metals.

The importance of education on environment protection

Jyldyz Duishenova knows perfectly that environment protection is not listed in the government top priorities, because of the « leaders’ ecological illiteracy » (sic); though there are evident links between monitoring of agricultural practices and management of natural resources. However, she considers that changes are easier to provoke in a small country. « There are competent people in Kyrgyzstan » she specifies to RS, tired of international experts and organisations who didn’t teach her anything on Kyrgyzstan situation and potentialities. Thus Jyldyz counts on the improvement of youngsters’ education in order to develop the country. Education for the sustainable development of the country. So that students are sensitised on environmental problematics and Kyrgyzstan is later on provided with engineers, doctors, scientists. Meanwhile she’s fighting in the higher realms of the country, her agency being transferred from one minister to another, local organisations have taken up her credo in the field.

Like AKMENA, that RS followed closely. Tatiana Konovalova Fedorovna and her colleagues target around thirty schools throughout Kyrgyzstan, from Bishkek to Issyk-Kul, until Jalalabad and Osh.

AKMENA and water classes

AKMENA’s objective is to commit actively schools into the protection of their environment and to improve in the meantime teaching of scientific subjects in primary and secondary schools. To do so, practice is the best and these schools develop their own project. The last topic suggested by AKMENA was the efficient use of water. Thus, the school 24 of Bishkek intended to create a small scale ecosystem in its yard, by digging a pond and planting various vegetal species. Around fifteen students of the secondary participated in the project, assisted by their dynamic and inventive biology, chemistry and geography teachers. « We’re fascinated by the microorganisms that purify the water » repeat the students proud of their project, and they add « Kyrgyzstan has serious problem of water quality; we have to take care of our environment ». In the same school, the geography teacher succeeded to take some of her students in the country side – where water access issues are more critical – because « most of them didn’t understand how the children live in the rural area ». AKMENA wants truly to encourage this dynamism and these initiatives. In the school 67 of the city centre, rewarded in 2010 « best school of the country », youngsters and their teachers have decided to install in their gardens a drip irrigation system. A one hundred litres container is connected to a hose that passes through plastic bottles driven into the ground, heads up. The pierced hose leaks inside the bottle with its bottom perforated, letting water moisturising slowly the ground. Here again, around fifteen students among the most motivated and concerned have designed the system[15]. Then, teachers of scientific subjects use the project to illustrate their lessons, discussing water resources in geography, water quality in chemistry or plants irrigation in biology.

The twenty best projects – including these two ones – received a micro-laboratory, in one hand to improve science teaching, and, in the other hand to monitor the rivers, school and home water quality[16]. Results will be online on a website dedicated to exchanges of information and pedagogical techniques between schools and with public. Then Kyrgyz will be sensitised on water quality through works of youngsters. Tatiana Konovalova Fedorovna, trained as an energy engineer, knows how to get AKMENA surrounded by experts thanks to her network of professionals. For instance, scientists of the National Academy of Sciences of Bishkek will train teachers on the use of this micro-laboratory and on water analyses.

AKMENA on the Issyk-Kul shore

An eminent ecologist of this same Academy brought his knowledge on another AKMENA environmental and educational project. On Issyk-Kul banks, a frog species, Rana Asiatica, dies out in silence, hunted for its medicinal virtues and its habitat being threatened by the mass touristic industry and water pollution. There, AKMENA and the State Agency for Environment Protection and Forestry are partners of Mr. Bolot Kenjebaev, who rented for twenty five years in Cuturgu village, twelve hectares of wetlands to plant trees and to reintroduce the tiny Rana Asiatica. The extinction of this batrachian would lead to disequilibrium of the lake ecosystem with, for example, the proliferation of mosquitoes and consequently the recrudescence of malaria epidemic. Its conservation would prevent these environmental and health problems, and ensure the survival of numerous sedentary and migratory birds species. On this protected area, fishing and grazing activities will be forbidden for the benefit of ecotourism and environment sensitisation. Maksa, young holder of a qualification from the Karakul university, and so, first ecologist of Cuturgu, will be the manager of this park. AKMENA found here again the opportunity to teach kids. During the opening day of the site, five schools of the nearby villages planted trees that will become habitat for the birds; and they gladly confront one another in a theatre competition, combining in their sketches humour and education. Because this is also Tatiana credo: having fun to learn. These schools will get pedagogical materials to teach ecology and its ecosystems.

The future

The Kyrgyzstan civil society is very dynamic and the recent revolutions might have facilitated it, demonstrating that people can influence the future of the country. Tatiana Konovalova Fedorovna is naturally enthusiastic, professional in her actions and generous in her communication. Mother and grand-mother, she passed on to her children and grand-children her environmental conscience. When RS asks her what are the future plans of AKMENA, her face lights up with a broad communicative smile. « The green economy, within which environment, economy and social are linked and interact. The Eco-Campus would be an illustration ». The Eco-Campus is an initiative that has been experienced in the United Kingdom and that consists in using green technologies and renewable energies developed by the students themselves, for electricity, heating, water and wastes management. AKMENA already produced an educative poster illustrating the Eco-Campus idea and its place in the city.

Here’s again an association to be followed, but Tatiana is not the only one active in Kyrgyzstan. Others are on her side on complementary problematics. It will be the subject of next RS reports…

Bibliography:

« National report on the regional water partnership – Kirghizstan Republic » Water Resources Department, 2005

« Environment, water and security in Central Asia » CAREC, 2005

State Agency of Meteorology with UNEP/GRID – Arendal, 2000


[1] La plupart des eaux de surface qui arrosent l’Asie Centrale se forment au Kirghizstan et Tadjikistan.

[2] Le Kirghizstan compte 5,587,443 habitants (2011).

[3] 90% seront dédiées à l’agriculture et les 10% restant sont partagés entre l’industrie et les besoins domestiques.

[4] Mais aussi Référente Nationale pour l’« Education pour un développement durable » [EDD], Membre du Bureau du Comité Directeur de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe pour l’EDD et Responsable du Centre Régional d’Expertise sur l’EDD…

[5] Le plus grand de ces barrages construit en 1976, d’une capacité de plus d’un mégawatt, a inondé 13000 ha de terres créant le réservoir de Toktogul de soixante cinq kilomètres de long et de douze au plus large.

[6] 20% des kirghizes consomment quotidiennement moins de 40L/personne; <75% de la population a accès à une eau de bonne qualité.

[7] Il est d’usage au Kirghizstan (mais aussi dans tous les pays du monde, hors pays dits « développés ») que les élèves des écoles participent à des taches communes pendant leur temps libre, telles qu‘aider à tour de rôle le personnel de la cantine, nettoyer les classes et la cour de récréation. Il est aussi commun d’organiser des journées dédiées à des travaux communautaires comme le ramassage des déchets dans le village ou le quartier ou aider les anciens dans leurs taches domestiques.

[8] Ces micro-laboratoires ont été financés par la Coopération Japonaise et l’Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe (OSCE).

[9] Most of the surface waters flowing in Central Asia are formed within Kyrgyzstan and Tajikistan territories.

[10] Kyrgyzstan counts 5,587,443 people (2011).

[11] 90% are dedicated to agriculture and the 10% left are shared between industry and domestic needs.

[12] But also National Focal Point for the Education for Sustainable Development [ESD], Member of the Bureau of the UN Economic Commission for Europe [UNECE] Steering Committee on ESD and Manager of the Regional Centre of Expertise on ESD…

[13] The biggest of these dams built in 1976, with installed capacity of more than one megawatt, has flooded 13,000 ha of fields, creating the Toktogul reservoir of sixty five kilometres of length and of twelve at the widest.

[14] 20% of Kyrgyz use daily less than 40L/person; <75% of the population has access to high quality water.

[15] All over Kyrgyzstan (but also all over the world, except in countries called “developed”), school girls and boys participate in community tasks during their free time, such as helping the canteen staff, cleaning the classrooms or the yard. It’s also common to organise days dedicated to community works, such as cleaning the village or the neighbourhood or helping elders in their domestic tasks.

[16] These micro-laboratories were funded by the Japanese Cooperation and the Organisation for Security and Cooperation in Europe (OCSE).

Tags: , , , , ,

One Response to “En lutte contre l’« illettrisme écologique » au Kirghizstan”

  1. mimi dit :

    On applaudit la documentation du lieu et des gens. Ca fait plaisir de voir autant d’initiatives qui marchent dans des pays qu’on dit émergents et de qui en effet émergent de belles actions et comme vous dites un vrai dynamisme.
    Ca fait plaisir de vous voir sur une si belle route (les photos plus celles glanées sur le net rendent gourmands).
    On vous embrasse fort.
    mimi et matt

Votre Commentaire

Spam Protection by WP-SpamFree