DaliLand

2010
06.29

Du 22 au 26 Juin…

Quelques jours à Dali après notre fuite de Kunming à la seule vue de sa (ses) gare(s) routière(s) : nous nous réfugions encore dans des villes à taille humaine… Et, donc, un peu plus à l’Est, Dali, nichée au bord du lac Erhai.

 

Plutôt charmeuse, cette ville, dans nos premières déambulations matinales. Mais bien vite, l’attraction de la nouveauté fait place à une certaine overdose de …toc. En effet, remparts, temples, hôtels, trop semblent reconstitués de la veille pour satisfaire aux exigences d’une masse touristique chinoise. Adeptes de photos kitsch, de souvenirs en série et d’ambiance Disneyland, ces nouvelles générations de travailleurs comptent bien profiter de leurs douze journées annuelles de congés payés. Et une ville comme Dali comble leurs besoins de folklore, de spectacle et de consommation. Les deux rues principales sont une enfilade de boutiques : fringues, babioles en tout genre, bijouteries… chinoiseries à l’infini ! Sous le porche d’entrée, on peut pour quelques yuans se faire photographier avec un homme-cochon peinturluré de bronze ou avec un groupe de jeunes filles en costume traditionnel Bai. Soit. Les occidentaux ont aussi leur rue : cibler des jeunes qui se disent « baroudeurs » et « fêtards » et vous trouvez des dizaines de bars-restaurants en une queue leu leu moutonesque et quelque peu angoissante à notre gout ; à chaque région son Vang Vieng ? … Il y a aussi les coins des pseudo-artistes et franchement babos où nous trouverons des raviolis fantastiques et la seule bouquinerie de la cité. Mais derrière cela, en trainant un peu, nous tomberons sur la place ombragée où une douzaine de tables accueillent les vieux joueurs de cartes et de mah jong. A portée de nos regards, les mains couvertes de bagues naviguent vivement des jetons aux tasses de thé vert et aux cigarettes et font parfois glisser quelques billets sous le tapis de jeu. Plus loin, un jeune cuisinier calotté – nous sommes en région islamique – est en train d’étirer des pates fraiches ; nous lui commandons aussitôt deux soupes de ses nouilles. Déambulant dans des coins résidentiels, les murs blancs des maisons sont ornés d’estampes, quelques coups de pinceaux ajustés pour représenter des paysages de montagne, des bouquets de bambous et des oiseaux tout en nuance de gris. Les charpentes sont parfois vivement colorées de bleu, vert, rouge-brun en motifs d’inspirations tibétaines. Et si quelques quartiers s’organisent en petits labyrinthes qui ravissent les perspectives, la ville dans son ensemble ne serait pas sans rappeler les bastides de chez nous : large enceinte de pierre abritant des rues pavées se croisant à la perpendiculaire.

L’escapade à vélo aux bords du lac Erhai ne nous aura pas donné de voir des démonstrations de pêche aux cormorans dont les hommes d’ici détiendraient encore l’art. D’après certains guides, cette technique ne permettait plus aux familles de pêcheurs de vivre dans la société rapidement changeante de Dali. Le gouvernement serait intervenu pour le maintien de l’activité à des vocations touristiques, mais voilà encore une histoire de symbiose homme-animal qui n’a su résister à la marée de la mondialisation. Zut. Et tant pis : nous nous offrons un petit déjeuner au bord de l’eau, et la montée du soleil nous offre un paysage d’une palette de couleurs vives comme seuls les ciels d’altitude en ont le secret (nous voici à presque 2,000 mètres). Puis ce seront des demi-tours sans fin dans les ruelles labyrinthiques des petits villages qui longent le lac, ici nous débouchons dans une propriété privée, là le chemin se perd dans les champs… « Bo pen nyang », nous goutons la douceur et le charme des lieux sous un soleil généreux et les ni hao[1] souriants des gens croisés.

 

Le retour dans la vieille ville, nos gueules un peu rouges et nos mollets fatigués, dur de retrouver les décors de cinéma et la foule de spectateurs bruyants qui s’y agite… Demain, sur les conseils de Karine et Yann croisés ici-même, nous partons vers Shaxi…


[1] “bonjour” en chinois (mandarin)

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One Response to “DaliLand”

  1. Seb ex colloc dit :

    ni hao !

    vos « gueules un peu rouges » … tu m’étonnes ! …

    bon ben continuez bien … j’aime beaucoup vos textes … de la balle !

    mais sinon …. c’est quoi les raviolis fantastiques ?

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